17h15
Mon cours est fini.
Tout comme ma journée.
Mes pensées s'échappent au fil des marches que je dévale. Presque toutes mes pensées, j'en garde quand même une ou deux sous le coude, au cas où comme l'on dit.
Et parmi elles, l'idée d'un cappuccino fumant n'est pas écartée, loin de là.

Les escalier sont derrières moi. Je vais franchir la porte, mes pas m'emmènent vers elle, j'ai déjà la main sur le battant, je l'ai passée depuis une poignée de seconde, mon esprit en tout cas est en-dehors du bâtiment. Et le reste de mon corps s'apprête à le rejoindre.
Un instant, je vais manquer à l'une de mes habitudes.
Consulter une sorte d'étagère, un rebord où s'entasse une liste de paperasse longue comme le bras.
Des prospectus divers et variés, des listes de programmes et d'événements culturels hétéroclites, des annonces en tout genre placardées sur le mur et quelques magazines gratuits et parfois produits en free-lance.
Et en général, mis à part une critique cinématographique que j'apprécie particulièrement, et quelques curiosités qui émergent de temps à autre et que je parcours dans le train du retour, je n'emporte rien de cette étagère.
Mais ce jour là, un prospectus sur la rencontre entre l'Occident et l'Orient orné d'un tableau attira mon regard et jeta les bases d'une curiosité qui allait être rapidement assouvie, et d'une rencontre plus ou moins hasardeuse.
Le détail qui me frappa le plus était l'incohérence entre le tableau et le sujet qu'il illustrait ; alors que la conférence portait sur le Moyen-Orient, le tableau me semblait d'origine asiatique. J'emportais avec moi un des exemplaires, et arrivé chez moi, à peine avais-je accroché mon manteau que je lançais une recherche sur ce que j'avais pris au premier abord pour un tableau, et qui se révéla finalement être une estampe.
Une estampe du peintre chinois Shí Tāo, pour être plus précis.
Je parcourais rapidement la toile afin d'avoir un aperçu de celles qu'il avait pu réaliser. Il en avait réalisé un paquet. Et de magnifiques. Il était loin d'être un rigolo le bougre.

Et je me rappelle avoir contemplé plusieurs de ces toiles, plusieurs paysages, à la fois similaires et uniques comme on découvre un monde. Et je les contemple de la même manière, avec un œil toujours nouveau, toujours curieux, toujours émerveillé.
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